Chers Amis,

Pas d’impatience! Comme vous le savez, mon livre est prêt pour le décollage. Les moteurs ronflent à plein rendement, le nez de l’appareil résolument tendu vers le ciel. J’attends seulement le signal, et ce signal, c’est l’éditeur. Le mien – vénérable maison parisienne fondée en 1903 – n’a pas résisté à la gestion catastrophique de la crise virale.

Quoi qu’il en soit, ce différé m’a apporté un puissant réconfort: celui de constater que les deux plus grands historiens vivants du Berry – l’archéologue, historien et écrivain Gérard Coulon et le Professeur Guy Devailly, expert mondialement respecté du Berry médiéval, dont la compétence concernant l’Eglise du diocèse de Bourges au XIIe siècle est tout simplement sans égale – ont apprécié ce qu’ils ont lu de mon livre.

Gérard Coulon, spécialiste incontournable et passionnant du Berry gallo-romain dont nous connaissons tous le tempérament composé dans les mêmes proportions de gentillesse et de compétence, m’écrit qu’il trouve mon livre « pour tout dire, remarquable. »

Quant à Guy Devailly, le fameux auteur du Berry du Xe siècle au milieu du XIIIe, il a rédigé pour moi une splendide « quatrième », la voici:

« L’église de Germigny est un bel exemple du roman berrichon, sur lequel le travail d’Emmanuel Legeard apporte de nouveaux éclairages, notamment philosophiques ou théologiens. Le projet de l’église de Germigny est contemporain de l’impulsion considérable donnée par l’archevêque de Bourges Richard II pour appliquer dans son diocèse la réforme grégorienne, en mettant fin au patronat laïc des églises paroissiales. Il l’a remplacé le plus souvent par un patronat monastique, ce qui permettait d’éliminer des candidats médiocres. Cet effort correspond bien à l’esprit qui aurait dirigé les constructeurs de l’église de Germigny et rend cette construction d’autant plus intéressante. En faisant parler les pierres, Emmanuel Legeard arrive à concilier différentes approches qui renforcent l’intérêt de ce monument. »- Professeur Guy Devailly.

A cela, il faut ajouter un apport capital: Mme Anne Gersten, historienne de l’art et spécialiste de l’évolution du culte marial à partir de ses archétypes pré-chrétiens m’a fait l’honneur d’augmenter à ma demande mon manuscrit d’un essai autonome, mais complémentaire sur Germigny. Cet essai, remarquablement écrit, extrêmement riche en informations, s’attache à faire le lien avec la géométrie sacrée – ce dont je ne parle pas et dont il fallait cependant parler – et la filiation pagano-chrétienne de la Sedes Sapientiae. C’est une ouverture appréciable et une invitation de haute qualité à approfondir un sujet fascinant.

Mais, peut-être, ce qui m’a apporté le plus de satisfaction, c’est de voir que des gens dont j’apprécie beaucoup le travail, comme Pierre Bonte, Philippe Faure, Sylvain Gouguenheim (qui, je l’espère, m’accordera un compte-rendu critique), Guy Devailly ou Anne Gersten ont appelé Notre-Dame de Germigny « mon » église. Oui, elle est « mon » église. Et ceux qui connaissent la situation savent à quel point.

J’ajoute, parce que cela me permet d’attirer l’attention sur son travail, que le Lieutenant-Colonel Georges Housset, chef de la fonction recherche et histoire au Centre de Doctrine et d’Enseignement du Commandement des Armées, m’a écrit un mot viril et cordial pour me « souhaiter tout le succès possible pour (mon) ouvrage qui viendra couronner de longues et méticuleuses recherches. »

Georges Housset est l’auteur d’un travail magistral publié chez Payot, La Garde d’honneur de 1813-1814, qui n’a rigoureusement aucun équivalent, et quand Housset mentionne de longues et méticuleuses recherches, je m’en flatte, car on peut en dire autant de son essai, d’un irréprochable sérieux. Je rappelle que Louis Massé, pionnier de la zootechnie, et natif de Germigny, était garde d’honneur. Aussi, à titre général comme à titre local, je recommande chaudement l’ouvrage de Georges Housset que je considère comme une référence capitale. ( On peut le commander ICI  ).

Bref, comme vous pouvez le constater, tout va pour le mieux et même: tout s’annonce sous les meilleurs auspices. Aussi, je vous demande de bien vouloir patienter jusqu’à mon transfert vers un autre éditeur, s’il en reste un parmi les décombres…

Bien à vous tous, et merci pour votre soutien!

Emmanuel Legeard

PATRIAM SERVANDO VICTORIAM TULIT.